Stéphane HOEBEN
Instituteur, Consultant en éducation
Belgique, Luxembourg, Québec et Suisse
28/02/26
Savez-vous qu’il serait pertinent de mettre les lettres finales muettes en FLUO dans un texte en français plutôt qu’en gris ?
Pourquoi ?
Parce que les enfants doivent comprendre très très jeunes qu’en français, il y a des lettres finales qu’on ne dit pas MAIS surtout qu’on doit écrire.
Comme le français n’est pas une langue « transparente », il faut absolument mettre en évidence les lettres finales muettes (principe morphogrammique), et coacher explicitement les enfants par rapport à deux procédures contradictoires :
- d’une part, « oublier » certaines lettres finales dans le rapport phonologique à la langue : on ne les dit pas quand on parle le texte ;
- d’autre part, « insister » sur les lettres finales muettes qu’il faut penser à écrire : on doit les écrire même si on ne les dit pas. Ce ne sera pas suffisant de penser à les écrire car il faudra aussi apprendre aux élèves à quoi elles servent. En effet, celles-ci sont souvent des marques de genre, de nombre, de conjugaison et de famille de mots.
Dans un certain nombre d’ouvrages ou de matériels scolaires, les lettres finales muettes sont mises en gris clair. Cette pratique s’explique par la volonté d’aider les enfants à « lire » (oraliser) les textes et c’est en effet très utile pour DIRE les mots. malheureusement, cela a pour conséquence d’affaiblir le rapport matériel/visuel aux mots (c’est-à-dire l’orthographe).
« J’ai assuré une 1re journée de formation sur la compréhension en lecture et bien entendu, on a évoqué la problématique de la fluence. J’ai alors expliqué la nécessité d’arrêter le grisé et de privilégier le fluo. Quel bonheur pour moi, lors de la 2e journée, lorsqu’une enseignante de P1 a témoigné que ses élèves disaient d’eux-mêmes : Ah oui, Madame, les lettres en fluo, on ne doit pas les dire mais on doit penser à les écrire ! »
Merci de répéter cette action pendant quelques semaines – sans discontinuer – pour outiller au mieux les enfants qui vous sont confiés.







